Une histoire de t-c-quoi? de #tca

…une histoire de trouble du comportement alimentaire. Voici mon histoire.


Tout d’abord, je me présente, Jessica, fière maman d’un garçon de 5 ans-presque-6 en garde partagée, fière amoureuse de mon fiancé et fière belle-maman d’un ado de 14-presque-15. Je suis une passionnée de l’entrainement, de la vie active et de la bonne bouffe! Et je vis avec un #tca depuis plus de 4 ans.


Quand j’étais enceinte de mon fils, j’ai mangé, beaucoup (trop) mangé sans vraiment que ça me dérange. Je me suis dit… « Je perdrais mon poids après ! ». Quelle belle erreur. Ayant pris 60 lbs et pesant un beau 203 lbs à l’accouchement, j’ai dû travailler fort. Avec un bon encadrement avec des spécialistes, j’ai réussi à perdre mon poids et à devenir une pro-de-la-nutrition-et-de-l’entrainement à travers les mois. J’ai découvert une passion dans ces deux domaines… jusqu’à en être un peu trop accro et obsédée.


C’est là que mon trouble du comportement alimentaire a débuté… sans que je le réalise. Une obsession où je calculais TOUT, TOUT, TOUT, aux grammes près. Je devais planifier mes journées à l’avance, sans aucune spontanéité. Je devais savoir ce que je mangerais si j’allais ailleurs. Je devais avoir accès aux valeurs nutritives des restaurants pour faire le meilleur choix possible qui ‘fitterait’ dans ma journée. Une obsession qui me créait de l’anxiété. Ne pas savoir le contenu de mon assiette en calories-glucides-protéines-lipides, c’était une source incroyable de stress. Même en faisant mes recettes, je recalculais chaque ingrédient et chaque calorie à la miette près dans une application afin de m’assurer d’un contrôle absolu.


Les gens qui te côtoient ne voient pas nécessairement le trouble alimentaire que tu as… ils ne voient que l’apparence physique, la transformation physique qui se fait à travers les semaines, les mois, les années de travail…. Ma détermination et ma volonté m’a amenée à un point où, 2 ans plus tard, j’ai voulu plus. Toujours plus. Jamais satisfaite. Le monde du fitness m’a beaucoup intéressée et je me suis lancée. Une année complète de 52 semaines. 3 compétitions. Une 1ere place. Deux 2e places. Plusieurs parutions dans un magazine fitness. Je me sentais en confiance, je me sentais forte. Un milieu où le physique compte. Pas comment ton mental va. J’ai poussé fort, poussé trop. Avec le recul, je sais que mon trouble alimentaire a été déclenché avant mon entrée dans le fitness. En fait, je crois que c’est mon trouble alimentaire qui m’a permis de me rendre aussi loin et d’avoir aussi bien performé. Je ne regrette rien de cette année ‘fitness’ car j’ai beaucoup appris sur moi-même et j’ai adoré chaque show que j’ai fait.


Mais… c’est alors que le ‘rebound’ après cette année complète est arrivé et les « binge eating » sont devenus un réconfort puissant. Chaque jour. Un « binge eating », c’est de manger sans fond, rapidement, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Tu es comme dans une zone où tu n’es plus totalement là. Tu manges, sans émotion, sans fond dans un cours laps de temps… Pour ma part, les « binges eating » avaient toujours lieu lorsque j’étais seule. Non, mais qui s’empiffrerait autant devant les gens…pas moi!


Après 4 mois, le mental continuait de se dégrader, mon humeur également… j’avais totalement perdu le contrôle. Je savais que ça n’allait pas et que j’avais besoin d’aide. Je ne m’en sortirai pas toute seule. J’ai demandé de l’aide à des spécialistes. Je suis suivie depuis, chaque semaine avec l’une, chaque deux semaines avec l’autre et chaque mois avec le troisième. Je pleure souvent. À chaudes larmes. Je dois vivre les émotions, déterrer des choses que je cachais et que je cache en moi. J’ai réalisé que mon trouble du comportement alimentaire ne datait pas des 4 derniers mois, mais bien des 4 dernières années… il a juste changé, évolué dans le temps.


Un trouble du comportement alimentaire, ce n’est pas seulement quelqu’un qui se fait vomir ou qui s’empêche de manger. Ça peut être beaucoup plus. Comme moi. Comme d’autres l’ont vécu. Il faut en parler plus. À force d’en parler, on est plus fort. Je montre ma vulnérabilité chaque semaine, chaque jour… à travers mes écrits, à travers mes paroles, à travers mes larmes. Et c’est comme ça, qu’on devient plus forte…mentalement.


Signé… Jessica Brodeur


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