La maladie mentale : Un témoignage touchant et poignant.

Après mon dernier post «je parle de maladie mentale, de MON vécu», j'ai eu le plaisir de discuter avec une connaissance à moi qui s'est sentie interpellé par mon texte. Je lui ai demandé si il/elle serait prêt/e à écrire un témoignage de son expérience afin de vous sensibiliser davantage à la cause. La maladie mentale est partout et elle peut se manifester sous plusieurs formes. Chacun à son histoire et chacun vit la vie et ces épreuves d'une manière différente. Vous comprendrez que pour garder la confidentialité de la personne, ce témoignage restera anonyme. Je vous laisse donc sur ces doux écrits que je dépose sur mon blog avec empathie et compassion.


Témoignage anonyme

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un comportement semi-destructeur et une attitude un peu noire face à la vie. J’aimais me faire mal de toute sorte de façon, j’étais tellement agressive avec mes parents et je pensais de plus en plus souvent à la mort, ma mort.


C’est sûr qu’à l’adolescence, y’a beaucoup de choses qui peuvent passer sur le dos de la typique crise ou d’une peine d’amour un peu plus décrissante que d’habitude. Mais je sais pas, je sentais qu’il y avait quelque chose qui clochait dans ma tête, quelque chose de pas normal et ça me faisait de plus en plus peur. Je me faisais peur moi-même à penser à ma mort de plus en plus souvent.


J’avais ma mère qui arrêtait pas de me dire à quel point j’étais une enfant heureuse et pleine de vie et je me reconnaissais pu. Je me sentais comme une failure permanente. Une mauvaise fille, une mauvaise sœur, une mauvaise amie. La seule façon que j’avais trouvée pour m’enlever cette culpabilité-là, c’était de me couper. Je sentais que je le méritais, que je me punissais pour toute ce que je faisais de pas correcte dans ma vie. J’avais tellement de noir à l’intérieur de moi et je savais pas comment l’exprimer. Alors ma mère m’a amener voir une psy et j’ai commencer les anti-dépresseurs. Pi je me suis rendu compte que le travail allait pas se faire tout seul. J’avais beau faire tout ce qu’on me disait, si dans ma tête, je voulais pas aller mieux, ça allait pas changer.


Fast-forward à 2 ans plus tard. Ma vie semblait stable, avec un chum, ma famille, les études et j’ai décider que j’avais pu besoin de psy et de stabilisateur de l’humeur parce que ça allait si bien! Ça semblait tout beau et moi, ça m’emmerdait. J’avais besoin des downs et des highs pour me sentir en vie sinon je me sentais morte, ennuyée. Alors j’ai laisser mon chum et je suis un peu partie sur une dérape. Oui c’était le fun, je buvais pas mal (trop), j’étais souvent sur le party, je me mettais dans des situations à risque, mais je me sentais vivre. J’ai passé l’été comme ça pi vers la fin, j’ai eu un pas pire wake-up call. J’étais pas bien. Et je me suis rendu compte que j’étais juste en mode autodestruction parce que j’avais mal en dedans. Ça allait pu. Mes pensées de mort étaient plus forte que jamais, j’avais recommencer à me couper. J’ai rappeler ma psy et j’ai failli aller faire un tour dans un hôpital pour personne qui feel pas trop. J’étais de retour à la case départ. Là, ça va, mais j’ai toujours peur de retomber dans mes patterns alors je prends un jour à la fois et j’essaie de m’encourager un peu.


Je sais que c’est chiant. Les soirées à penser que tu t’en sortiras surement pas, que si maintenant c’est rough, ça va être quoi avec des enfants, des comptes à payer pi une maison? Je sais aussi que trouver le bon médicament (si t’en a besoin), c’est long et décourageant. Pi je sais aussi que ça peut être terrorisant se faire diagnostiquer un trouble de santé mentale. Parce que tu veux pas que ça définisse ta vie. Tu veux pas que ta personnalité se résume à ça. Tu veux pas non plus avoir l’impression d’être une victime, que ton trouble devienne une excuse pour toute. Je le sais parce que c’est ce que je vis pi je trouve sa bien dur.


Mais je veux juste que tu saches que tu changes pas, ça fait partie de toi, mais ça te définit pas. Ce qui te définit, c’est la façon que tu vis avec ce trouble-là. Accepte-toi, aime-toi pi le reste viendra avec le temps. T’es pas toute seule pi moi non plus ça d’lair.


- Anonyme.

Je suis si fière de pouvoir partager cela avec vous. Il est rare que des gens se prête au jeux et laisse voir toutes leur faiblesse ainsi. Dans les deux derniers textes (le mien et celui ci-haut), vous avez pu voir deux personnes vrais et authentiques qui ont su s'ouvrir pour montrer que la maladie mentale fait mal et qu'elle marque une personne à tout jamais.


J'espère que vous avez apprécié ce texte haut en émotions, sur ce, je vous souhaite de prendre soins de vous, de votre corps et de votre esprit.


Bon dimanche !


Signé A.