L’anxiété, le mal qui blesse tout le monde

Cette semaine est celle de la sensibilisation de la santé mentale. Comme société, nous avons encore besoin de se rappeler l’importance de prendre soin de nous.

En tant qu’anxieuse d’expérience, je trouvais pertinent d’apporter mon grain de sel au phénomène des préjugés en santé mentale. Parce que oui, ils sont plus que présents. Les besoins en santé mentale sont criants (en santé tout court, d’ailleurs)

Environ la moitié des gens atteints de dépression ou d’anxiété n’ont jamais consulté un médecin. Je me considère chanceuse parce que je fais partie de l’autre moitié, celle qui a consulté. Celle qui a reçu un diagnostic clair net et précis, qui s’est fait mettre une étiquette, une prescription mensuelle, mise dans une catégorie. Toi t’es anxieuse. Voilà c’est tout, tu peux aller chercher tes antidépresseurs à la pharmacie, bonne journée.


Ce jour-là de janvier 2017 après ma première session d’université intense, je suis entrée dans le bureau du médecin. Il ne savait pas pourquoi j’étais là et j’étais déjà au bord de la crise de panique. Larmes, sueurs froides, mains moites, crampes et cie. Apeurée de raconter ce que j’ai alors que moi-même je ne le sais pas. Terrifiée à l’idée de se faire prendre pour une folle.


La vérité, c’est que non, ce n’est vraiment pas tout. C’est même le début d’une longue et périlleuse bataille avec moi-même. Ce sont des années de domptage mentale. De rémission affective et émotionnelle, mais également de rechutes. L’important dans tout ça, c’est de se souvenir pourquoi on se bat.

On aura beau faire tous les beaux discours d’inclusion qu’on veut, y’aura toujours certaines d’opinions fermées qui renforcent les préjugés sur la santé mentale. Je ne comprends pas comment on peut en faire une semaine thématique, ramasser des fonds, monter des campagnes publicitaires et médiatiques à travers le pays, mais aussitôt qu’on s’ouvre, qu’on en parle, les gens ne sont pas prêts à recevoir l’information. De vrais blocs de glace. Exactement comme lorsque la machine à crème glacée du McDo est brisée.


J’aurai beau raconter à qui le veut bien à quel point je me sens anxieuse, si je me fais regarder comme une extraterrestre, qu’on évite mon regard, qu’on baisse les yeux, qu’on fait juste me répondre que les pillules sont mauvaises pour moi et que ça me crée une dépendance, je ne peux pas me sentir autrement qu’un tas de marde. Me sentir comme « la pas rapport qui s’invente des problèmes. »


Ce n’est pas pour rien que j’en fais ma mission première. Même si on dit que la santé mentale n’a pas de visage, l’anxiété en a un. C’est le mien. C’est une jeune femme adulte entre 18 et 24 ans. Les jeunes femmes sont deux fois plus nombreuses à souffrir d’un trouble anxieux et le groupe des 18-24 ans est le plus touché. Outre l’âge et le sexe, c’est 1 personne sur 5 qui souffrira d’un problème de santé mentale au cours de sa vie. TOUT LE MONDE est donc touché par les problèmes de santé mentale que ce soit directement ou indirectement, et on ose encore se faire accroire que c’est pour les autres. On avance les yeux fermés et on dirait que ça ne nous fait rien.

Mon truc à moi, c’est l’empathie. J’essaie toujours de me projeter dans la situation de la personne pour imaginer ses perceptions, réactions, opinions. Souvent, ça m’amène à revoir mes conceptions et y’a rien de mal à changer ses points de vue. C’est même un signe que tu grandis, que tu évolues.

L’empathie n’est malheureusement pas donné à tout le monde. C’est pas grave. J’arriverai à mes fins autrement. Par la sensibilisation, la communication, en éduquant les gens sur le sujet. À force d’en parler, on va voir une ouverture. Je ne crois pas que la société soit mal intentionnée, les gens ne sont simplement pas éduqués. Ils ne savent pas et c’est de ma responsabilité d’agir pour renverser le phénomène.

Avant de porter un jugement, si petit soit-il, demandez à la personne comment elle se sent. Même si on dit toujours «oui, toi? » presque instinctivement, seulement de savoir qu’on s’intéresse à nos pensées ça fait du bien. Chaque histoire est unique, chaque parcours ne possède pas les mêmes crevasses aux mêmes endroits.


Aimez-vous, aimons-nous. Tous ensemble, sans arrières pensées.


Girls, I LOVE YA. Let’s support each other.


Signé... Sylvieann Dallaire


#mentalhealth #mentalilleness #sensibilisation

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